Bien qu’il semble souvent se produire de façon brutale et soudaine, le suicide n’est généralement pas décidé sur un coup de tête. En fait, la pratique montre même que dans 8 cas sur 10, les personnes manifestent des signes précurseurs ou tout au moins tentent d’exprimer leur souffrance et leur détresse durant les heures ou les jours qui précèdent le suicide ou la tentative.

 

Cela dit, reconnaître les signes précurseurs et décoder les messages sont donc des éléments clés de la prévention du suicide.  Cependant, les indices peuvent parfois être particulièrement difficiles à détecter chez certaines personnes, alors que certaines d’entre elles peuvent même dissimuler leur détresse sous un air jovial ou une énergie débordante. C’est pourquoi le plus petit signe ne doit pas être pris à la légère.

 

Voici quelques-uns des signes précurseurs les plus fréquents :

 

 Messages verbaux directs

  • « Je vais me suicider »
  • « Je vais me tuer »
  • « Je veux en finir avec la vie »

 

Messages verbaux indirects

Vagues :

  • « La vie ne vaut pas la peine » (parle fréquemment de la mort)
  • « Je ne m’en sortirai jamais » (parle d’un essoufflement, d’un écoeurement, d’un épuisement)
  • « Vous seriez bien mieux sans moi » (parle d’elle comme un fardeau pour les autres)
  • « Je suis inutile » (se déprécie régulièrement)

Précis :

  • « J’ai fait mon testament » (parle de faire le grand ménage, mettre ses affaires en ordre)
  • « Je pars pour un long voyage » (parle d’un départ à long terme)
  • « N’oublie jamais que je t’aime » (fais des déclarations d’affection disproportionnées)

 

Comportements

  • Isolement, retrait
  • Intérêt pour les armes à feu ou les médicaments (ou tout autre moyen)
  • Donner des objets qui lui sont chers
  • Consommation abusive d’alcool et/ou de médicaments (drogues)
  • Parler de la valeur et du courage de ceux qui se suicident
  • Émotions qui éclatent soudainement (colère, tristesse, etc.)
  • Hyperactivité, ne peut rester en place
  • Manque d’énergie, fatigue et lenteur extrême
  • Incohérence du langage (parler de façon confuse, difficulté à organiser les idées)

 

Symptômes psychologiques

  • Incapacité de jouir de quoi que ce soit (les activités appréciées avant n’ont plus d’intérêt)
  • Perte de mémoire, indécision
  • Tristesse, ennui, irritabilité
  • Baisse importante de l’estime de soi

 

Symptômes biologiques

  • Désordre du sommeil (ne dort plus, dort trop ou mal)
  • Désordre de l’appétit (ne mange plus, mange trop ou mal)
  • Symptômes de stress en général

 

**Il faut porter une attention particulière lorsqu’une personne qui semblait déprimée depuis un moment apparait soudainement aller mieux (attitude sereine ou même soulagée). Il est possible que cette personne ait décidé de passer à l’acte et qu’elle anticipe être libérée de sa souffrance sous peu. Il faut alors intervenir immédiatement. 

 

En terminant, FAITES-VOUS CONFIANCE. Votre inquiétude elle-même est un signe important qu’une personne a peut-être bel et bien besoin d’aide. N’ayez pas peur de valider vos craintes directement avec la personne concernée « Je m’inquiète pour toi en raison de… Penses-tu au suicide? »   Contrairement à la croyance populaire, parler directement du suicide avec une personne NE peut PAS lui donner l’idée de le faire. En parler, c’est plutôt lui permettre d’exprimer une émotion qui l’habite et lui ouvrir une porte sur l’espoir.

 

Consultez également l’article Comment l’aider?

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