Les tabous en10516684_10152597616026983_8668316789139379278_ntourant le suicide ont donné naissance à plusieurs mythes et croyances.  Bien que ce sujet délicat réussisse progressivement à se frayer un chemin au sein des grands enjeux sociaux de notre époque, plusieurs affirmations doivent encore être démystifiées.

Afin de pouvoir agir collectivement et plus efficacement pour prévenir le suicide, voici donc 10 affirmations à propos du suicide et leurs véritables réponses.
 
 1.    Les suicidaires sont formellement décidés à mourir – FAUX

 Ce n’est pas la mort qu’une personne recherche, mais bien la fin de ses souffrances. Pour elle, il n’y a pas d’autres solutions envisageables. Or, même lors d’une crise suicidaire, un individu nage en pleine ambivalence : une partie de lui voulant mourir tandis que l’autre lutte encore pour vivre.  Ainsi, plus la souffrance augmente plus la partie qui souhaite mourir prend de l’ampleur.  En intervenant rapidement auprès de la partie qui veut vivre, en la nourrissant, en lui donnant des outils pour lui permettre gagner en force, la personne peut en arriver à retrouver l’équilibre.

 2. Il faut du courage pour se suicider- il faut être lâche pour attenter à sa vie – FAUX

 Quand on pense au courage et à la lâcheté, on pense en termes de choix et l’on projette notre propre conception du suicide sur l’autre. Or, une personne ne se suicide pas par choix, mais par manque de choix. La personne suicidaire n’y voit là ni courage ni lâcheté : sa vie lui est insupportable, elle a atteint sa limite de tolérance face à sa souffrance et elle ne voit plus d’autres façons d’arrêter de souffrir.

 3.    Les personnes qui parlent de suicide ou qui menacent de se suicider ne passent pas  réellement à l’acte; elles le font pour attirer l’attention ou pour manipuler – FAUX

 Sur 10 personnes qui se sont suicidées, 8 ont exprimé clairement leur intention. Toute allusion au suicide ou à la mort doit être prise au sérieux même si on pense que c’est de la manipulation, car manipuler, ce n’est qu’une façon inadéquate de dire que l’on souffre et de demander de l’aide.

 4.    Le suicide arrive précipitamment chez les adolescents – FAUX

 Parce qu’ils sont généralement impulsifs, la croyance veut que les adolescents posent des actes suicidaires «sur un coup de tête». Eh bien non! Comme pour l’ensemble des individus,  le suicide s’inscrit dans un processus par lequel passeront les adolescents tout aussi bien que les adultes.  Contrairement au mythe véhiculé, le processus de l’adulte peut arriver beaucoup plus rapidement, l’impulsivité se manifestant lors d’un passage à l’acte et non dans le développement des idées suicidaires.

5.    Le suicide est un problème qui dure la vie entière – FAUX

 Nous pensons au suicide lorsque nous sommes à court de solutions, de moyens pour mettre fin à notre souffrance. Ainsi, si la personne suicidaire découvre de nouvelles solutions pour faire face à ses difficultés, qu’elle développe de nouveaux outils pour améliorer sa situation, elle peut par la suite, ne plus jamais développer d’idéations suicidaires.

 6.    Lorsqu’il y a un suicide dans une famille, les membres de la famille deviennent plus à risque – VRAI

Sans entrer dans le débat des causes biopsychosociales du suicide, il est important de souligner que la crédibilité octroyée aux comportements des proches peut induire l’imitation du geste. Ainsi, un suicide ou une tentative de suicide au sein d’une famille peut être perçu par les autres membres comme une façon possible de résoudre leurs problèmes.

 7.    Les personnes suicidaires sont toutes atteintes de maladies mentales- FAUX

Le fait de penser au suicide ne signifie pas systématiquement que nous soyons atteints d’une maladie mentale.  Les crises suicidaires illustrent un déséquilibre profond de nos pensées et un fort sentiment de perte de contrôle de nos émotions et de nos réactions face à celles-ci.

8.    L’amélioration qui suit une crise suicidaire signifie qu’il n’y a plus de danger- FAUX

La personne suicidaire porte le fardeau de son problème en plus de ne pas avoir de solution pour le régler. Une fois qu’elle a pris la décision de se mettre volontairement fin à ses jours, il s’installe un sentiment de soulagement qui peut la faire paraître heureuse, voire même euphorique. Il est donc impératif de rester vigilant.

9.    Penser au suicide, ça peut arriver à tout le monde- VRAI

Chacun est confronté, à un moment ou à un autre dans sa vie, à faire face à des épreuves importantes (décès d’un proche, perte d’emploi, rupture amoureuse, etc.).  La majeure partie du temps, nous avons comme réflexe de nous adapter à ces nouvelles réalités. Lors de moments particulièrement difficiles,  l’idée du suicide peut traverser l’esprit d’une personne sans pour autant l’amener à élaborer un plan et à passer à l’acte. Des idéations suicidaires constituent un signal d’alarme, une indication qu’il est nécessaire de prendre  soin de soi!

10. Parler directement du suicide à quelqu’un peut l’inciter à le faire – FAUX

Parler directement du suicide avec une personne en crise suicidaire, c’est lui permettre d’exprimer l’émotion qui l’habite et ainsi lui ouvrir une porte sur l’espoir. Il faut cependant rester prudent dans notre façon d’aborder le suicide : en discuter ne signifie pas mettre au défi.

En conclusion, l’importance de bien connaître les différences entre les mythes et les réalités entourant le suicide peut éviter la propagation de fausses croyances qui nuisent souvent aux stratégies de prévention.  Vous avez d’autres questions? N’hésitez pas à consulter nos divers articles en ligne dans la section Informations et Conseil

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